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Cabines 227 - Mars 2010 - Focus > Art et Maquillage
Par Sophie Lecomte


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Maquillage et coiffure par Blandine Mallet,
étudiante en 2e année École de
Maquillage Artistique Sophie Lecomte ;
Photo Céline Chea 
Maquiller à l’opéra, c’est comme raconter une histoire…
L’opéra est né en Italie, pendant la Renaissance. Opéra signifie « oeuvre » et l’idée était en effet, de créer un spectacle total, réunissant tous les arts, mais aussi de ressusciter la dramaturgie antique en l’adaptant aux fêtes de cour. Car les premiers opéras sont nés à Florence, dans un cercle de lettrés, au palais du comte Giovanni de Bardi.
Le goût du spectacle, et la concurrence entre les princes d’Italie font rapidement évoluer le projet. Plusieurs familles vénitiennes jugent rentable de placer de l’argent dans la construction de lieux spécifiques pour accueillir des opéras, et au XVIIe siècle naît le premier théâtre dit « à l’italienne », sur le Rialto, pour accueillir des opéras de plus en plus populaires. 



Lorsque la musique s’affranchit de ses références religieuses, l’opéra s’impose en Occident comme lieu où s’expriment les passions. C’est de la rencontre de l’amour et de la mort, de l’impossibilité de l’amour comblé que naît le lyrisme. Et si les rôles des héros sont d’abord confiés à des castrats, au XIXe siècle, les histoires d’amour sont jouées par les ténors et les sopranos qui deviennent de véritables stars.

À l’opéra, le maquillage n’a pas la transparence du cinéma, c’est un maquillage de scène, et à ce titre, il joue dès ses débuts sur l’ombre et la lumière. Les opéras baroques étaient éclairés à la bougie. Ce type de lumière accentue fortement les modelés et absorbe certaines couleurs comme les bleus et les verts. On avait l’habitude de porter des couleurs vives et le teint blanc.
Mais on travaille différemment aujourd’hui. L’éclairage est plus puissant, il absorbe davantage les ombres, en épargnant les couleurs. On utilise donc moins de blanc, des harmonies plus nuancées.
Le travail du teint peut rester proche de la carnation naturelle, mais il faut tout de même savoir que si le hâle donne bonne mine en maquillage de jour, ce n’est pas forcément le cas sur scène. Les beiges rosés atténuent les creux de la partie médiane, aussi bien que certaines rides. Le teint clair permet aussi un travail précis des ombres destinées à modeler le visage. Comme on le voit sur la photo, le contour du visage, les arêtes du nez et le volume de la pommette sont retravaillés avec des ombres dans une harmonie marron roux. Vues de loin, des ombres bistres pourraient sembler grises, et casser l’éclat du teint.

Un maquillage de scène est généralement assez accentué, surtout lorsqu’il s’agit d’un opéra donné dans une grande salle, il ne faut donc pas se fier au résultat immédiat que l’on peut voir dans la loge. Le fard à paupières structure l’arcade sourcilière et se complète d’un liner. On peut remarquer ici que le tracé inférieur ne suit pas tout à fait le bord des cils, pour ouvrir davantage le regard et donner à l’oeil une direction oblique. Cependant, il ne s’agit pas d’un grimage, loin s’en faut. Et comprendre la vérité dramatique de l’opéra au travers de la mise en scène actuelle conduit à aborder le maquillage de scène avant tout comme une mise en beauté: on doit adapter les techniques à la mode, et les couleurs aux tendances.

 

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